Auteur : Guy De Maupassant

Editions : Folio classique
À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rênes, le plus impatient est celui de l’amour…
Oh ! Elle en sait des choses sur le frémissement des cœurs, l’élan des âmes. Elle les a si souvent pressentis, espérés, ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu’il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L’être créé pour elle… Julien ! Le même écho s’éveille en leurs cœurs…
Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d’alcôves, des désirs d’hommes ? Que sait-elle de l’amour sinon sa poésie ? Alors ils se regardent… Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C’est une vie qui se déroule…

Mon avis :

Même si cela peut sembler bien étrange, je n’avais jamais lu de roman de Maupassant. Bien sûr à l’école, j’étais passée par le chemin obligatoire de La parure, un grand plaisir et d’Aux champs, un ennui infini dans mon souvenir. Je n’attendais rien de cet auteur et ce roman était dans ma pile à lire pour me dire que j’aurais lu un classique de cet auteur incontournable. Finalement, quelle belle surprise que cette lecture ! J’ai adoré suivre les rêves et les illusions de Jeanne. La plume de Maupassant y est pour beaucoup. Par petites touches, il nous fait sentir un personnage dans son entier. On voit littéralement le père de Jeanne et petite mère prendre vie. Les deux parents de la jeune fille sont bonhommes, tendres et doux, ce qui nous attache d’autant plus à l’existence de leur fille.

Malheureusement cette existence, cette vie ne va pas tenir ses promesses. On rencontre Jeanne alors qu’elle sort du couvent. Après ces années cloitrées, elle a soif de vivre, d’aimer, de rire et de vibrer. Comme toute jeune fille c’est l’amour qui hante ses nuits et ses pensées. Alors, lorsque Julien, un jeune homme séduisant se présente « aux peuples », sa demeure en Normandie, Jeanne tombe tout de suite sous son charme. De là s’enchaînent très vite les fiançailles et le mariage. Maupassant est un auteur réaliste et bien évidement les déconvenues vont, elles aussi, faire vite leur apparition. La nuit de noce est un supplice pour la naïve femme qui ne se doutait en rien des ardeurs masculines bestiales. La suite ne sera qu’un long cauchemar où un désespoir se substituera à un autre. La face sombre de l’humanité va se révéler à Jeanne et la dégouter du genre humain. La tromperie et la malhonnêteté entoureront sa triste vie. Elle va être de plus en plus seule, abandonnée de tous soit par l’exil, la mort ou le désamour. Elle finira avec celle qui était à l’origine de son mal, abandonnée par son propre fils à qui elle avait tout donné.

Le roman est rendu puissant par le lien permanent qui existe entre le personnage principal et la nature qui l’environne. Cette nature remplit l’histoire de réalisme et souligne les sentiments de Jeanne. Une tempête violente s’abat sur Paris lorsqu’elle quitte le couvent, alors qu’ « aux peuples » c’est le soleil et l’écume de la mer qui vont l’accueillir. Les promenades, les escapades rythment la vie de l’héroïne. Mais plus elle devient malheureuse et moins elle sort. La terre semble s’effacer. D’ailleurs, à la mort de sa mère, la seule chose qui la fait reprendre le dessus est l’air qui vient caresser son visage lorsqu’elle ouvre la fenêtre.

Cette référence à la mère nature me fait penser à deux personnages qui viennent donner un souffle d’espoir au roman (Qui s’avérera inévitablement de courte durée) : Les Briseville. Un couple qui vit dans un château au fond des bois. Elle est lumineuse et angélique et lui est une sorte de doux ogre protecteur. L’auteur essaye alors de nous montrer l’antagoniste de Julien, à travers ce personnage qui aime éperdument sa femme et cette dernière qui ne fait qu’un avec les bois.

Le peinture de la misère humaine est toujours affreuse mais juste, c’est ce qui rend l’histoire si cruelle. Un curé gourmand et conciliant est remplacé par un fanatique décharné et monstrueux capable de tué une chienne alors qu’elle met bas. Les êtres se trompent inlassablement. Poulet se désintéresse de sa mère et en même temps la ruine, l’essore jusqu’à la dernière goute. Les paysans méprise et se désintéresse de la châtelaine une fois qu’elle est sans le sous. Un tableau bien triste de la vie de province.

Pour finir, je dirais que j’ai adoré cette lecture (même si la fin a été très frustrante) et vous la recommande chaudement. Je ne sais pas ce que vaut l’adaptation cinématographique qui en a été faite. Je devrais bientôt me lancer dans un autre roman de Maupassant, pour prolonger l’expérience.

8/10

One thought on “Une vie”

  1. j ‘ai regardé le film l’actrice Judith Chemla lui donne un regard innocent et rageur à la fois .
    le film traîne en longueur ou l’on voit souvent Jeanne dans des tâches ménagères ou en train de révasser à la fenêtre.

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