Auteur : Aki Shimazaki

Editions : Babel
Le premier opus du poids des secrets avait été une très belle découverte, pleine de poésie, de mystère et de douce tristesse. Quelques pages qui en disent beaucoup et qui vous restent longtemps dans la tête. Je n’ai fait qu’une bouchée d’Hamaguri qui m’a replongée dans les mêmes délices que Tsubaki.
Cette fois ce n’est plus une femme agonisante qui livre sa confession mais un jeune adulte qui revient sur son enfance et son ami indéfectible qu’il a perdu de vue. Le cadre du récit lui, est le même : le japon de la deuxième guerre mondiale. Yukio, enfant élevé dans une église où sa mère est protégée des regards mauvais de l’extérieur, rencontre souvent au parc un homme et sa fille. Les deux enfants créent un lien très fort qu’ils scellent en écrivant leur nom à l’intérieur d’une coquille d’Hamaguri. [Les Hamaguri sont des palourdes constituées de deux coquilles parfaitement identiques. Elles ont une très forte symbolique au Japon et représentent notamment l’amour maternel. Elles seront un marqueur important et poétique dans le récit.] Les chemins des deux enfants se séparent mais Yukio ne peut oublier son ami jusqu’à ce qu’il fasse une jolie rencontre à Nagasaki. Je n’irai pas plus loin et je vous conseille de ne pas lire le résumé au dos du livre qui en dit bien trop et gâche la suite de l’histoire. On retrouve dès le début avec plaisir le plume délicate et précise de l’auteur. D’ailleurs, les qualités et les thèmes des deux opus sont sensiblement les mêmes : la poésie de la nature à travers un petit objet naturel, ici des coquillage qui n’ont qu’une moitié, l’espoir et la détermination d’un enfant, la sacralisation de la mère (encore plus forte ici car les personnages vivent au début recueillis dans une église), le vocabulaire japonais intégré au récit avec des mots bien particuliers qui font sens, la découverte voyeuriste du sexe et bien sur le secret lourd qui rôde et qui se révèle dangereux. Cependant, Hamaguri a une forte valeur ajoutée, celle du plaisir de reconnaitre les lieux déjà parcourus, les jours déjà écoulés et puis bientôt le voile qui se lève doucement sur l’identité des personnages. C’est magique de comprendre petit à petit les liens qui se tissent entre Yukio et Yukiko. Ce n’est pas qu’une autre version, un autre regard sur l’histoire c’est un véritable ajout. Un argument qui montre les conséquences des secrets sur l’existence de ceux à qui ils sont tus. Il me tarde de me plonger dans la suite, qui j’en suis sûre sera à la hauteur.

9/10

- Je pense à ce qui arrive à la mémoire après la mort. Ce qu'on a dit, ce qu'on a pensé, ce qu'on a appris...Où ça va après la mort ? Je réponds : - Je ne pense pas à la vie après la mort. Je crois que la mémoire disparaît au moment de la mort.
Aki Shimazaki

One thought on “Hamaguri – Le poids des secrets (tome 2)”

  1. Je te confirme. Bien d accord avec ton billet ma grande. Je trouve que ces livres sont très fidèles à la littérature japonaise, qui est toujours si poétique. Moi je suis fan

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