Auteur/dessinateur : David Petersen

Éditeur : Gallimard- Bande dessinée

Traducteur : Marion Roman

Dépôt légal : 2008
Cette série me faisait de l’œil depuis un moment ; la « booktubosphère » m’avait mis l’eau à la bouche en me vantant fromages et merveilles et je trépignais à l’idée de pouvoir entrer dans le minuscule repaire de la Garde!

L’ouvrage en lui-même est un superbe objet, les pages sont glacées, les illustrations aux couleurs vives s’étalent sur de grandes pages. Une carte de l’univers occupe l’intérieur des couvertures et à la fin de la bande dessinée se trouvent des annexes qui fourmillent d’informations sur le monde inventé et pensé par David Petersen. Tout pour donner envie de découvrir les aventures de ces souris.

L’auteur explique dans son introduction  que toute cette histoire est née d’un petit gribouillage et de quelques phrases griffonnées. De ce rien, émergera une communauté soudée qui nous plongera à l’échelle des souris, dans l’univers de la Garde, une organisation armée, chargée de maintenir l’ordre et de protéger la population. Nous suivons plus précisément le destin de trois souris : Lieam, Kenzie et Saxon. Chargés d’une mission par Gwendolyn, la chef de la garde, ils vont devoir déjouer un complot et se battre pour leur honneur.

L’époque choisie par l’auteur lui permet d’installer une atmosphère médiévale qui va servir son récit empreint d’héroïsme et de quêtes. En effet, la société des souris repose sur une organisation féodale. Chacun tient son rang et les vassaux défendent la cause de leur maître. Ce moyen-âge est aussi donné à voir à travers l’architecture, les vêtements, les métiers des souris qui croisent notre chemin. Mais tout ceci reste dans un univers fantasmé propre aux récits épiques. C’est un peu le même principe que pour Watership down : nous sommes placés près d’êtres minuscules et apparemment insignifiants qui ont des ambitions et des devoirs qui les dépassent. Mais malheureusement cette fois l’héroïsme des petits n’a pas pris. J’ai n’ai pas réussi à avoir de l’empathie pour les personnages. Je ne sais pas si c’est dû à la narration ou à mes trop grandes attentes.  Il faut dire aussi que l’ouvrage s’adresse surtout à la jeunesse et que pour le coup je pense que les aventures n’ont pas suffisamment de complexité pour captiver les plus âgés.

Néanmoins, J’ai apprécié la variété de la nature qui est donnée à voir et sert de tableau aux affrontements des petits rongeurs. On passe du désert de sable d’une plage, à une forêt sombre et automnale, jusqu’au sommet enneigé d’une ville fortifiée.  D’ailleurs, les ennemis eux même sont multiples (serpent, oiseaux, crabes…) et permettent d’éviter l’ennui. Mais malgré cette diversité foisonnante, les illustrations, pourtant très belles, n’ont pas spécialement retenu mon attention. Je ne me suis arrêtée sur aucune planche. Le dessin est maîtrisé, en accord avec le style du récit mais reste peut-être trop classique pour moi. Les souris ne sont pas suffisamment expressives, sans le texte, il est difficile de comprendre ce qui les anime ou ce qu’elles pensent.

Un très bel ouvrage, qui enchantera surement les petits mais laissera peut-être les grands sur leur faim.
L'avis du mouton curieux en mal de raclette :
2/5

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