Auteur : Grant Morrison

Dessinateurs : Franck Quitely et beaucoup d’autres

Editions : Urban comics
La quatrième de couverture:

Le Multivers est composé de 52 Terres parallèles, chacune défendue par ses propres super-héros.

Mais quand la Noblesse, une race surpuissante de créatures inter-dimensionnelles, décide de s’en prendre à l’intégralité de ces dimensions, les justiciers des différentes Terres vont devoir apprendre à agir de concert. Et leur seule arme pour communiquer entre eux se révèle être les comics books !

C’est sur l’avis positif et enthousiaste de « Comics blog » (et aussi un peu pour le superbe travail d’édition avec une carte de l’univers DC !) que j’ai craqué pour ce gros volume. Je m’en suis malheureusement bien mordu les doigts, les dix, et avec les ongles. Je commence à avoir une certaine expérience  du monde des comics et même si je suis davantage Marveleuse que DC girl, je pensais pouvoir prendre plaisir et découvrir des choses en me plongeant dans Multiversity. Ma balade m’a plus perdue qu’enchantée. J’avais pourtant lu sur plusieurs sites que l’ouvrage restait accessible aux novices et aux non-initiés…

Mensonge ! Félonie !

Comics blog

« Bien que notre review vous certifiait qu’il était possible de lire Multiversity sans n’avoir rien lu de DC Comics, l’œuvre phare de Grant Morrison, tout juste publiée chez Urban Comics, brasse allègrement dans 80 années d’existence de l’éditeur à deux lettres. Qu’il s’agisse de son intrigue principale ou des chapitres en one-shots, chaque numéro déborde de références aux comics publiés par DC, et propose quelques concepts et idées dont il serait dommage de passer à côté. »

Et justement, il ne s’agit pas seulement de passer à côté de petites références mais plutôt de bien comprendre les enjeux et le projet du comics. Pour le coup j’ai vraiment eu l’impression de manquer ma lecture et d’avoir dépensé mes sous pour quelque chose qui ne m’était pas destiné. Je ne nie donc pas les qualités de cet ouvrage mais je reproche aux critiques de ne pas avoir joué franc jeu.

Mais venons-en à l’histoire en elle-même. L’ouvrage se découpe en plusieurs chapitres qui semblent très indépendants les uns des autres. Au centre, on trouve un appareil documentaire sur les différentes terres de l’univers DC, ce qui permet de se repérer un peu (ou bien de se perdre totalement dans la masse.)On suit le fil rouge de la dangereuse attaque qui menace l’univers mais le théâtre des péripéties change à chaque tableau, ainsi que les protagonistes. La profusion de lieux et de personnages a un côté jouissif pour les yeux et je comprend l’engouement pour les fans de DC. En revange, pour un lecteur lambda cela rend les choses difficiles à suivre. D’autre part, on est moins tenté de s’identifier à un personnage et de ce fait on manque d’empathie et le sort de la galaxie nous importe un peu moins qu’il ne l’aurait fallu. Je voulais que cette odyssée cosmique me passionne mais ca n’a malheureusement pas été le cas. Les moments épiques sont retombés comme des soufflets dans mes mains. Mon immersion chez Superman et Batou, malgré toute ma bonne volonté, a été un naufrage.

Néanmoins, il y a quand même des éléments qui m’ont plu et qui ont égayé ma traversée. Tout d’abord, l’idée de briser le quatrième mur en rendant l’objet livre acteur de l’histoire est intéressante. Le lecteur est pris à partie et on a envie d’y croire, de s’y investir. Cela permet aussi de jouer avec les codes du genre et les incontournables. Le chapitre qui nous incite à arrêter de lire pour sauver les personnages fonctionne assez bien. Cela me fait penser d’ailleurs à un autre chapitre où les héros que nous connaissons bien sont tombés sous l’emprise des réseau sociaux. L’humour noir, les références à l’actualité et la simplicité de la narration en font un passage plaisant et reposant.  D’autre part, certains personnages sont dignes d’intérêt et sont bien brossés malgré le peu de pages qui leur est accordé. Tous ne me reviennent pas, mais je pense notamment à Captain Carrot ou aux mini-héros qui amènent une touche d’humour et de légèreté. De même les couvertures, qui rendent hommage aux différents mouvements et modes qui ont animés la maison, sont magnifiques et fascinantes. Chacune à sa propre patte. D’ailleurs tous les dessinateurs de l’ouvrage offrent un vrai régal pour les yeux !

Un livre donc à ne pas mettre en toutes mains pour éviter une surcharge neuronale. Oserez-vous tenter le périple ?
Avis du mouton curieux de la terre 5
3/5

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