Porcelaine, La légende du tigre et de la tisseuse.

Auteur: Estelle Faye

Éditeur: Les Moutons électriques

2012
Chine, vers l’an 200. Xiao Chen est un comédien errant, jeté sur les routes par un dieu vengeur. Un masque à forme humaine dissimule son faciès de tigre, tandis que son cœur est de porcelaine fêlée. Son voyage va durer plus de mille ans. Au cours de son périple, il rencontrera Li Mei, une jeune tisseuse, la Belle qui verra en lui plus qu’une Bête. Celle qui, sans doute, saura lui rendre son cœur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur. Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tissant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre.

Mon avis :

Il y a quelques temps, j’ai fait deux belles découvertes. D’abord une maison d’édition : Les moutons électriques dont les choix esthétiques et la ligne éditoriale m’ont tout de suite enchantée : fantasy, ouvrage soigné, univers originaux … Ce qui m’a amenée vers eux, c’est : Éclat de givre, un roman d’Estelle Faye. L’écriture poétique m’avait bluffée et j’avais adoré l’univers de ce Paris déchu et post apocalyptique qui naissait en quelque lignes.

C’est pourquoi je me suis jetée avec envie et curiosité sur Porcelaine. L’univers traité s’opposait complétement au précédent et il me tardait de découvrir la légende du tigre et de la tisseuse. Le début de ma lecture présageait du meilleur. Dans le chine de l’an 200, on rencontre le personnage de Xiao Chen qui aide son père, vieux potier veuf qui aspire à façonner l’œuvre parfaite. La magie se mêlent avec délicatesse au quotidien de ce petit village perdu. Nous sommes rapidement pris par les rêves de ce vieil artisan qui sculpte sans relâche ses espoirs dans son atelier. L’écriture poétique et inspiratrice était là elle aussi. Malheureusement, ce récit initial n’était qu’une entrée en matière rapide aux aventures de Xiao Chen qui va se retrouver maudit par les esprits d’une forêt. Doté d’une tête de tigre, il est alors chassé de son village natal et écarté de son père, que l’on ne reverra d’ailleurs plus directement.

J’avais envie d’être prise dans cette intrigue qui avait tout pour me plaire : un univers inconnu, un pays intriguant, de la magie, du théâtre, de l’amour, de la tendresse et du mystère. Mais voilà, l’alchimie n’a pas fonctionné avec moi.  L’auteur enchaîne peut-être trop rapidement les évènements qui se superposent sans qu’on ait vraiment eu le temps de comprendre les choix des personnages. Ils manquent de profondeur. De ce fait, on ne s’attache pas à eux et ce qui leur arrive nous devient peu à peu indifférent.

A contrario, le personnage de Brume, la femme-fée, qui va jouer le rôle de l’antagoniste, est présentée de manière prolongée avec une tendresse particulière qui va induire le lecteur en erreur. En effet, son innocence, son amour construit avec enchantement pour Xiao Chen nous trompent. On est trop fourvoyé dans nos attentes de lecture. Ainsi, on ne perçoit pas pourquoi, dans la suite du récit, on devrait s’attacher à la jeune tisseuse (Li Mei) qui semble arrivée là comme un cheveu dans la soupe. Je n’ai pas adhéré à la flamme incongrue entre les deux protagonistes. Je me suis même prise à être du côté de Brume, l’affreuse égoïste frustrée qui vient tout faire capoter.

J’ai donc bien eu de la peine à venir à bout de cette histoire que j’étais pourtant prête à aimer. Je verrai si je donne une seconde chance à l’auteur avec la saga La voie des oracles, qui prend racine dans le monde grec.

5/10

3 thoughts on “Porcelaine”

  1. Je ne suis pas surprise que cette maison d’édition ait attiré ton œil vu son nom^^. J’aime beaucoup le visuel des deux livres présentés, je les trouve jeunes, et ils donnent envie. Les illustrations représentent apparemment bien l’univers et les histoires des romans, se que je trouve bien souvent trop rare chez les autres. Merci pour la découverte de cette maison d’édition qui semble redonner un cou de fouet à apparence du livre et qui donne envie. En statistique 2 n’est pas un bon échantillon…. Je te conseille donc de redonner une chance à l’auteur de te séduire à nouveau avec son écriture « poétique et inspiratrice » comme tu peux le dire.

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