Cela fait un long moment qu’il n’y a pas eu de nouvelle moutonnerie dans la bergerie. 
Et pour cause, le vaillant troupeau à bravement traversé l’atlantique pour rendre visite 
à ses cousins Canadiens. 
Voici le premier épisode d’un voyage périlleux, palpitant et riche en calories

Le départ :

C’est avec une forme de joie, un peu honteuse il faut l’avouer, que j’ai laissé mes collègues retourner durement au travail lundi 23 avril alors que moi je prenais le chemin pour l’aéroport de Roissy. Après un dur combat contre une armée d’asiatiques pour accéder au petit déjeuner de l’hôtel, nous nous sommes rendus en avance à la porte d’embarquement. Avance qui allait nous sauver la mise comme vous allez le découvrir.

Premier crash du voyage annoncé par une hôtesse de l’air sur un ton désinvoltement habitué : mon AVE (Une autorisation pour venir en territoire caribou) n’est pas valide… Gros moment de solitude et de culpabilité. Je maudis les imbéciles qui se sont chargés de la typographie des passeports. Impossible de différencier un I d’un I, on est bien d’accord. Du chiffre ou de la lettre, il en va comme de la poule et de l’œuf. Ayant une affreuse fourchette pour revalider mon AVE (A savoir entre 20 minutes et 72 heures) je me suis précipitée sur le téléphone pour remplir un nouveau formulaire. Plus qu’à attendre et croiser les doigts. Les grands espaces et les castors s’éloignent malheureusement à vue d’œil au fur et à mesure que l’aiguille de ma montre avance. Le compteur tourne et le mail salvateur n’arrive pas. Je brutalise mon téléphone à coup d’actualisations effrénées. Mon ventre joue la java et j’ai envie de déverser les chutes du Niagara dans le hall de l’aéroport.

Histoire de corser un peu les choses, j’apprends dans un mail très poli, que je viens de verser joyeusement 60 euros à un brave arnaqueur qui me donne le gentil mot de passe de Banane 23. Les agents d’air canada viennent justement nous prévenir de faire attention aux sites frauduleux pour les AVE…J’ai envie de me réduire en bouillie, il faut tout recommencer et je ne sais pas si les prières suffiront pour être dans les temps.

Le petit jésus des canadiens et des bananes a dû avoir pitié de moi car à 10 minutes de la fin de l’embarquement, ma demande a enfin été acceptée. Course, escalators, valises, course, porte, pipi express, passeports, ça y est j’ai les fesses vissées à mon siège. Devant mon écran personnel, qui affiche la durée de vol, je n’ai finalement pas eu le temps de stresser pour le décollage.

Montréal :

Après ce début nauséeux, c’est avec soulagement que nous avons atterri à Montréal. Sous un soleil brûlant nous empruntons le bus qui nous amène dans le centre de la ville. Le paysage n’est pas fort accueillant et un gros Canadien qui pue la clope essaye de nous faire la conversation. Par les vitres : des grues, du gris, de gros bâtiments grimés de travaux. Arrivés dans les grandes artères ça ne s’arrange pas.

Heureusement, notre auberge de jeunesse est facile à trouver et très accueillante (Pleine de bières et de français). Notre première sortie est un échec. Nous sommes décontenancés par cette ville qui n’a pas de centre ou de rues animées. Il n’y a personne, tout semble sur pause et rien pour se désaltérer le gosier. On finit lamentablement et difficilement au bar de l’auberge, complètement crevés à 21h30. Dodo.


Que faire à Montréal :
  • Le marché Atwater: Ne sortez pas à la station Atwater, c’est un faux ami, il vous fera suer vos petits petons pour rien, prenez plutôt la suivante, bien plus proche du marché. C’est un magnifique endroit avec de nombreux étals de petits producteurs et des stands pour déguster les spécialités du coin. Enfin tout ça, c’est à partir de début mai, c’est-à-dire la semaine où vous allez repartir. Là c’est vide et en travaux.

  • Se balader sur le Canal Lachine (En Bixi…ou pas) : Il fait beau, profitez donc du ciel bleu pour descendre le canal à vélo jusqu’au port de Montréal. Vous pourrez y observer la grisaille, les aménagements qui vous donneront un merveilleux point de vue sur les immeubles en construction et les échafaudages qui peuplent les rives du Saint Laurent. Si comme nous vous n’avez pas la chance de tomber sur une station Bixi (Les vélib’ de Montréal), il vous faudra, en gardant le sourire, remonter pendant une petite heure à pied le canal sinistre en ne maudissant pas trop fort les gens à vélo qui vous doublent.

 

  • Le vieux port : Un endroit estival, riche en culture et activités ludiques (tyrolienne, chichis, chanteur de rue) …qui n’ouvre pas maintenant. Mais vous aurez quand même la chance d’y trouver des Bixi. Seul petit inconvénient, vous ne pourrez pas les reposer et payerez donc un gros supplément et une bonne suée pour trouver une station avec des places disponibles. Il faut ensuite remarcher quelques kilomètres pour retourner dans le port et chasser un bistro non-français qui vous servira de quoi vous sustenter.

  • Le îles Sainte Hélène et Notre-Dame: Deux îles, qui a en croire les guides, valent le détour. Nature, biosphère, jardins, casino et parc d’attractions vous attendent. Bon, pas de chemin direct pour s’y rendre mais comme vous êtes devenu un expert en Bixi, vous prendrez courageusement votre vélo sous le bras. Après avoir traversé des quartiers désaffectés, quelques usines et un affreux pont interminable vous arriverez enfin dans l’oasis de verdure tant promise…en travaux. Impossible de poser votre foutu Bixi ou d’accéder à n’importe quelle attraction prévue. Après un jeu de piste sadique et vicieux avec les panneaux pour retrouver le métro, vous aurez peut-être eu la chance de croiser une marmotte résistante sur le chemin.

  • Le marché Jean talon: Tout comme le marché Atwater, il ouvrira quand vous serez parti. Passez quand même devant l’enseigne « French tacos » intrigante et un peu dégoutante.

 

  • Le parc du mont royal: Le plus grand parc naturel de Montréal. De la verdure, des petits chemins, une faune et une flore typique et même un lac aux castors. Seulement, vous êtes au mois d’avril, alors la nature comme la ville est en travaux. Tout est marron, gris dégueulasse et la neige forme des gros tas épars pas encore fondus. Le panorama promis reflète ce que vous savez déjà : La mafia italienne fait tout pour que le béton ne dorme jamais. La pluie arrive, les castors sont en hibernation, ça y est vous avez atteint le sommet.

  • L’oratoire Saint Joseph: Beaucoup d’escaliers, quelques pèlerins, un écureuil et une bonne cantine.

  • Le biodôme : Fermé pour travaux

 

  • L’église Notre-dame: fermée dès 16h

Que manger à Montréal :

Des frites, des frites, de la poutine (un plat local à base de frites), des burgers avec des frites. Tout ça dans l’unique rue qui propose un choix varié de tripots pour vous rassasier : la rue Saint Denis

De l’érable : en sirop, en beurre, en cônes, en bonbon, sur vos gaufres.


Que boire à Montréal :

De la bière locale 😊 Essayez la Boréal et laissez absolument de côté la Bud américaine, sans goût et pas assez forte pour vous faire oublier les travaux.


Comment ne pas suicider à Montréal :
  • Prendre une bonne auberge de jeunesse avec des hôtes sympas et un bar bien fourni
  • Ne pas se fier au nom des stations de métro, achetez-vous un plan
  • Prendre les choses avec philosophie en sympathisant avec les écureuils du coin

  • Ne pas abuser des Bixi
  • Profitez du taux de change en votre faveur pour tester toute la gamme de chez Boréal
  • Se dépayser aux trois brasseurs
  • Ne pas rester trop longtemps et vite prendre une voiture de location

 

Partez !

One thought on “Poutines, travaux et bananes : Une expérience montréalaise.”

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