Auteur : Mark Millar

Dessinateur : Olivier Coipel

Editions : Panini comics - Netflix

 

 

 

 

C’est la BD qui était à la Une de cet été ! Netflix s’est lancé dans l’industrie des comics en rachetant Millarworld, ce qui nous a permis de découvrir cette pépite qui présente un univers magique inédit et passionnant !

Résumé de l’éditeur :

La nuit , ils nous protégeront des forces des ténèbres…

…si les ténèbres ne les éliminent pas avant !

Dans notre entourage se cachent les représentants d’une famille de magiciens. Depuis des générations, ils nous permettent de dormir tranquillement en nous protégeant des monstres et du mal. Mais aujourd’hui, quelqu’un les a pris pour cible…et le destin du monde est en jeu.

The Magic Order tient tout à fait ses promesses. Si vous voulez du grand spectacle, de l’illusion et de l’inattendu, vous êtes au bon endroit.  Je l’ai ,moi même dévoré en un après-midi et j’ai pris plaisir à la reprendre pour en déguster chaque planche. Car si l’histoire est effectivement passionnante et bien menée, les dessins d’Olivier Coipel sont eux aussi admirables. On vole d’actions en actions et le suspense vous coupe le souffle. Voici en quelques mots de quoi il s’agit :

             L’histoire a lieu dans un monde qui ressemble tout à fait au nôtre. Nous en découvrons pourtant très vite la face cachée : la magie ! En effet, cinq familles de magiciens ont été chargées de veiller à ce que les puissances sombres et les monstres hideux  (dignes de Lovecraft !) ne perturbent pas ceux qui ignorent leur existence. On est donc sur le même principe hermétique que ce que proposait J.K Rowling. Cependant, Millar imagine un monde plus mature, centré sur les adultes et leurs tourments. Ici, le monde de la magie est plus cru et sans pitié. Parmi les protagonistes, on découvre des magiciens tous bien différents mais qui font en quelque sorte écho à ce que nous connaissons de la magie : mage, illusionniste, « escapologiste », métamorphe… Ils ont d’ailleurs chacun un métier « de couverture » pour s’intégrer aux humains. Leonard Moonstone travaille par exemple dans une salle de spectacle où il use de ses talents pour émerveiller le public crédule. Ces magiciens appartiennent à un ordre qui a des règles bien définies. C’est un monde bien organisé avec ces rituels et ces codes (la cérémonie de la baguette brisée, une chambre forte, une hiérarchie…). Mais l’Ordre a aussi de nombreux ennemis. Cette face sombre donne encore plus de profondeur à l’ensemble.  Tous ces détails en font quelque chose de très crédible et cohérent. Ce premier tome laisse entendre que nous n’avons aperçu que la face flottante de l’iceberg. L’univers de the Magic Order semble bien plus vaste et passionnant.

 

Leonard Moonstone :

« Il y a bien longtemps les monstres régnaient sur le monde, mais nous les avons combattus, vaincus, et nous les avons chassés dans les ombres. Aujourd’hui, notre mission est que tout le monde reste en sécurité.

Dis-toi que c’est un tour de magie. On s’occupe des choses effrayantes pendant qu’ils sont captivés par notre autre main. C’est ainsi que l’ordre fonctionne. C’est notre responsabilité. »

Au niveau de l’histoire, on commence dans la violence la plus terrible. Un homme habillé en Vénitien, un magicien, réveille un enfant et le fait assassiner son propre père sous les yeux médusés de sa mère.  Ce meurtre et ceux qui vont suivre vont mettre le feu aux poudres. On va suivre cette lutte de l’Ordre pour trouver et faire payer le coupable. On découvre notamment une famille dont chaque membre est magicien. Ils nous sont tous présentés petit à petit. Millar a l’art des personnages et chacun d’entre eux interpelle le lecteur. Tout semble opposer les Moonstone mais l’ennemi qui rôde va les obliger à faire des concessions. On fait d’abord la rencontre de Regan, gérant d’une boite de nuit et de son père. Vient ensuite Gabriel Moonstone qui a perdu sa fille à cause de la magie et ne souhaite pas retourner dans l’Ordre. Etant, le meilleur de sa catégorie, il va s’y voir obligé. C’est de loin le personnage qui m’a le plus touchée. Son passé et sa détermination, tous ses choix cornélien le rendent passionnant.  Il y a ensuite Cordélia qui va avec fougue et maladresse défendre sa famille. J’ai été assez déçue par cette figure féminine dont tout le monde m’avait vanté la force et l’intérêt. Cordélia était mise en avant comme l’héroïne et je ne l’ai pas perçue de cette manière. J’ai même trouvé le personnage puéril et agaçant. Elle mène une vie de débauche, parsemée d’embrouilles et utilise son pouvoir « d’évasion » sans y réfléchir. Cependant, il y a un parallèle intéressant entre elle et la « méchante ». Toutes deux ne sont pas considérées à leur juste valeur par leur famille. Toutes deux sont lésées et mises à l’écart.  Il est intéressant de voir quels chemins différents elles vont finalement emprunter. Albany reste tout de même bien plus charismatique, effrayante et intéressante que Cordélia, même si son costume y est pour beaucoup.

        L’histoire est menée tambour battant, le scénariste sait ménager les coups de théâtre et les moments choquants qui marqueront son lecteur. D’autant que l’univers magique rend beaucoup plus de chose possibles. On ne sait jamais à quoi s’attendre et cela rend la lecture encore plus haletante. La mise en page joue d’ailleurs sur l’illusion et la magie. On ne découvre le « truc » qu’en tournant la page. C’est très bien vu. Pour attiser notre curiosité au cours de cette enquête sanglante, entre règlements de compte et secrets, Millar insert aussi un livre mystérieux et surtout très dangereux car interdit : l’Orichalcum ! J’en profite pour ajouter, que l’auteur fait à plusieurs reprises référence à de grands noms de la littérature. C’est un plaisir de dénicher ces clins d’œil. J’ai même cru reconnaître le roi de la pop parmi les membres de l’ordre. Et pour finir ce comics, le twist final vous achève et vous laisse avec la terrible impatience d’en voir plus sur le petit écran !

     Comme je l’ai dit plus haut, ce fabuleux récit est servi par les superbes dessins d’Olivier Coipel qui de son trait sûr et fin marque la violence mais aussi la tristesse profonde des personnages. Il donne un charisme impressionnant à ceux-ci. Je pense notamment à la couverture qui captive directement et nous pousse à en savoir plus sur les quatre personnages qui s’y trouvent.

        Vite rejoignez l’Ordre !

L'avis du mouton curieux:
5/5

2 thoughts on “The Magic Order”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *