J’ai passé un mois chez les monstres, je vous raconte ma fabuleuse expédition, entre espoirs, découvertes, déceptions, dégoût et émerveillement!

Amour Monstre

Auteur : katherine Dunn

Editions : Gallmeister
Les membres de la famille Binewski sont bien étranges… Pour sauver son cirque. Al, le père, décide avec sa femme Lil de créer une famille « sur mesure ». A force de médicaments et autres radiations, Lil met au monde cinq enfants : Arturo, l’Homme – Poisson dont les membres sont des nageoires, Electra et Iphigenia, sœurs siamoises et pianistes, Fortunato dont on craint un moment qu’il soit normal, mais qui fait bientôt preuve de particularités des plus monstrueuses et enfin Olympia, la narratrice naine, bossue et albinos. Maintenant Olympia, elle aussi, a une fille, Miranda, miracle de jeunesse et de beauté. Une fille en danger de mort que seul l’amour féroce de sa mère peut sauver…

J’ai acheté ce roman car il a été très plébiscité. Mais pour une fois, je sais que ce ne sont pas mes grandes attentes qui ont déprécié ma lecture. C’est bien le dégoût et l’incompréhension qui m’ont fait détester ce livre. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas adhéré à 100% comme une majorité de lecteurs. Je n’ai vu que de la laideur là où les autres ont vu du génie. J’attendais de l’audace, la vérité laide et nue mais je n’attendais pas la cruauté et le vice. Les personnages sont innommables et je ne parle pas de leur apparence physique, certes très monstrueuse. Je vous parle du fond de leur âme. Il n’ y a rien à sauver chez eux. Ils se servent les uns des autres au détriment de tout amour ou toute considération. L’individualisme et le sadisme transpirent par leur pores. Je n’ai pas compris l’engouement et l’attendrissement de certains lecteurs pour ces personnages. Un frère qui viole et tue sa famille, même s’il est un homme poisson, n’en est pas pour le moins excusable. Même les personnages « normaux » ne sont pas épargnés par cette inhumanité rendue banale par l’auteur. Je pense notamment à la chirurgienne qui mutile pour son profit sous couvert de religion.

Terry Gilliam s’enflamme : « Le plus romantique des romans sur la famille et l’amour. Après l’avoir lu, j’avais honte d’être si tristement normal. » 

Selon moi, c’est un non-sens, car l’amour est vicié et intéressé. Je me félicite de mon côté de n’être qu’une petite chose normale, sans danger pour ceux qui m’entourent.

Un calvaire, je vous le déconseille férocement.
L'avis du mouton horrifié :
0/5
Moi, ce que j’aime c’est les monstres

Auteur : Emil Ferris

Editions : Monsieur Toussaint L’ouverture
Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, adore les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou: plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa voisine, la belle Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le cœur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider ce mystère. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les secrets tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants.

C’est un bien autre univers qui s’ouvre ici sur la monstruosité. Au-delà de la claque visuelle, ce roman graphique est un vrai coup de cœur littéraire. L’héroïne est attachante. Son journal d’enquête nous fait toucher son quotidien et ses préoccupations au plus près. Karen fait ressortir, à travers ses reproductions des Unes de magazines à frissons,  tous les personnages de séries noires et on se prend de tendresse pour vampires, loups à grandes dents, momies et autres monstres du folklore. Il y a aussi les grands tableaux qui cachent milles créatures et secrets. Cette bande-dessinée m’a donnée envie de les explorer dans le détail, de retourner dans les musées pour m’ancrer/encrer dans les toiles.  D’autant que chaque page est un terrain d’exploration et de plaisir pour les yeux. Les traits de stylo billes sont gras, colorés, vif, désordonnés, esquissés, merveilleux. Chaque planche est une surprise qu’on se délecte de déguster traits à traits. 

Mais de cette horreur douce et nostalgique vont sortir les terribles crimes ordinaires :  Les persécutions, les moqueries dont est victime Karen, la pauvreté extrême de son amie qui semble s’effacer sous les coups du sort, le destin tragique d’Anka chez les nazi, la maladie de sa mère, l’assassinat de Martin Luther King et ce frère fascinant mais dangereux. La cruauté du monde extérieur face à la différence, même vis-à-vis d’une jeune enfant est omniprésente et pèse comme une chappe de plomb, dont aucun personnage ne semble pouvoir s’échapper. N’est pas monstre celui qui le croit et, comme un policier, le lecteur doit lui aussi se méfier.

Un récit intime touchant, un témoignage cru sur notre monde et une enquête passionnante, qu’attendez-vous pour foncer le lire ?
L'avis du mouton émerveillé :
0/5
Créatures fantastiques - Deyrolle

Auteur : Jean Baptiste de Panafieu

Dessinateur : Camille Renversade

Editions : Plume de carotte
Vous voulez tout savoir sur le Yéti ? Les sirènes vous font fantasmer ? Le serpent de mer vous inquiète ? Le loup-garou titille votre curiosité ? Les dragons vous intriguent ? Les licornes vous font rêver ? Les centaures vous interrogent ? Alors, plongez dans cet ouvrage qui va vous faire voyager dans l’univers de ce bestiaire fantastique, vous raconter leurs histoires incroyables… et vous faire rêver grâce aux magnifiques illustrations réalisées à la façon des célèbres planches Deyrolle. Vous pourrez, ainsi, y admirer l’animal dans son ensemble, mais également des détails intriguants comme le système de création du feu présent dans la gorge des dragons, ou la fameuse spirale de la corne de licorne qui tourne parfois à droite, parfois à gauche…

Cet ouvrage est d’abord une œuvre qui tient par sa promesse de bel objet. Le visuel occupe la place majeur et reste le principal intérêt de la lecture. Les planches  « anatomique » en pleine page sont superbes et prêtent à rêver.  Chacune est accompagnée d’un texte qui donne plus ou moins d’informations. L’introduction est très bien rédigée et retrace la perception de ces créatures impossibles au cours du temps. Elle permet de faire le point sur la cryptozoologie et l’écriture agréable n’est pas dénuée d’humour. Malheureusement au fil des pages, on se lasse un peu de ces descriptions et anecdotes qui sont survolées. C’est une sorte de mille-feuille dont on grappille quelques morceaux mais sans pouvoir retenir la saveur de chacun. Il y a trop et pas assez à la fois. Il aurait peut-être fallu envisager moins d’espèces mais plus de détails sur chacune. 

Pour résumer, c’est un magnifique ouvrage que je vous conseille pour régaler vos pupilles… mais à picorer modérément pour ne pas faire d’overdose !
L'avis du mouton curieux:
3/5
Les monstres : 
Créatures étranges et fantastiques des origines à la guerre des Etoiles

Auteur : Martial Guedron

Editions : Beaux-arts éditions
Les monstres, merveilles et autres créatures fantastiques constituent un monde entre réalité et imaginaire, qui hante les hommes depuis toujours. Des origines de leurs représentations à la période la plus récente, cet ouvrage a pour enjeu de donner un peu d’ordre chronologique à la profusion des êtres étranges et déviants ici rassemblés ; ils apparaissent, s’effacent. reviennent, virevoltent, se dérobent, louvoient et se transforment. Un des traits qui les caractérisent est qu’ils appartiennent à l’éternel présent, celui qu’animent les migrations, les réveils et les métamorphoses. L’ouvrage aborde au fil d’un parcours chronothématique les différentes typologies de monstres : animaux fabuleux et races étranges, merveilles vivantes, êtres transgressifs, nains de rue et nains de cour, monstres à l’âge du spectacle industriel, extraterrestres, nouveaux hybrides, mutants et posthumains.

Un livre foisonnant avec de nombreuses illustrations et où les monstres sont envisagés sous toutes leurs formes. L’auteur nous permet d’y voir plus clair sur la chronologie et l’évolution de la perception de ces créatures. La lecture n’est pas simple, beaucoup de références et du vocabulaire précis, c’est intéressant mais parfois ardu. D’autre part, j’ai trouvé que certains titres de chapitres étaient trompeurs. Au final le sujet lancé est à peine abordé. Les tableaux et illustrations ne correspondent pas toujours au texte, ce qui induit une grande frustration. Pourquoi sont-elles là ? Quels sont leurs codes de compréhension ? Je suis donc assez mitigée sur cette lecture qui ne tient malheureusement pas toutes ses promesses. La partie moderne et science-fiction est à peine effleurée alors qu’il y a des redites sur la partie mythologie. 

Une encyclopédie qui plaira donc à l’élite curieuse en quête de monstruosité mais décevra peut-être les néophytes de l’étrange comme moi.
L'avis du mouton érudit :
3/5

3 thoughts on “Monstres, monstruosité, démonstration :”

  1. On est bien fier aussi de ce que tu es; on tremble qu’il en ait pu être autrement, lol,
    connais tu l ‘ étrangeté que nous avons vu hier sur ocs orange, La chute du cerf sacré avec Conny Farell et nicole Kidman, histoire de monstre aussi

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