Scénariste : Greg Rucka

Dessinateur : Nicola Scott

Editions : Urban comics

C’est surtout à travers Batman, le chevalier noir, que je connais l’univers des superhéros DC, mais grâce à l’opération Urban comics de l’été dernier, je me suis dis que je pourrai approfondir les autres entités de ce monde. C’est Wonder Woman et ses liens avec l’antiquité qui ont en premier attirés mon attention. Je me suis donc plongée avec curiosité dans la lecture de Wonder woman  année un.

Une amazone au milieu des hommes

Ce comic book est une bonne porte d’entrée dans les aventures de la superhéroïne puisqu’il retrace son apparition, son arrivée dans le monde des humains. On commence donc le voyage sur l’île de Themyscira où on découvre le peuple des Amazones, une société guerrière et matriarcale qui vénère les dieux antiques. Elles vivent sans les hommes et en dehors du reste du monde. Or, bien évidemment, le « masculin » va faire son entrée dans ce cocoon par l’intermédiaire d’un avion américain rempli de soldats, qui va venir bouleverser l’équilibre de cette utopie féministe. Diana, la fille de la reine des Amazones avait pressenti ce bouleversement ( un serpent près d’un arbre apparu par magie l’avait mordu quelques jours plus tôt et depuis les cauchemars la hantent) et c’est elle qui va prendre en charge les soins de l’ultime survivant dont elle ne comprend pas la langue. Cette rencontre va l’amener à quitter définitivement son peuple et découvrir la civilisation moderne aux côtés de Steve Trevor.

Voila pour la trame de Wonder Woman année un qui retrace donc les premiers pas de Diana dans le monde des hommes. C’est une découverte et un mystère pour les deux côtés. La communication est impossible à cause de la barrière de la langue mais aussi du fait des écarts entre les deux civilisations qui créaient de grandes incompréhensions et interrogations. Cette acclimatation est assez bien traitée, notamment par le fait qu’on a en parallèle les impressions de Diana et puis celles de Steve et des autres humains dont l’amazone fait la connaissance. On retrouve la thématique de la crainte de l’étranger, de l’inconnu avec un aspect belligérant des humains qui est mis en avant par rapport au pacifisme de celle qu’ils appelleront bientôt tous Wonder Woman.

On découvre aussi le docteur Minerva, une archéologue qui va servir de passerelle entre ces deux mondes inconciliables. L’épisode centré sur ce personnage est particulièrement intéressant et bien réalisé. Minerva est aussi le moyen pour le scénariste d’introduire les fameux méchants ! J’ai apprécié toute l’ambiance mystique avec les liens entre les dieux antiques, notre réalité et l’impossibilité de croire en l’existence d’un peuple tel que les amazones.

L’intrigue pour découvrir et se débarrasser des vilains n’a ensuite rien de bien novateur et transcendant. Ce récit est un bon moyen de comprendre l’univers de Wonder Woman mais cela ne m’a pas fait tomber amoureuse du personnage. D’autant, qu’elle a finalement très peu la parole et passe souvent pour un gros bras très naïf, voir simple d’esprit. (A ce propos, les dessins qui dans l’ensemble sont très satisfaisants ne sont pas toujours à l’avantage de l’héroïne. Elle n’est pas sexualisée mais elle ne transpire pas non plus l’intelligence…) Il est dommage qu’elle soit décrite plus par la vision des autres que par elle-même.  Donc rien de révolutionnaire mais cela permet de bien introduire le personnage.

 
 
Voila ce que j’évoquais un peu plus haut sur la représentation peu avantageuse de Wonder Woman:

Des choix éditoriaux discutables

A la suite de ce récit l’éditeur nous propose trois autres histoires mettant en scène la guerrière antique. Je suis moins convaincue des choix proposés et de la manière d’éditer ces « suites ».

« La vérité » :  L’intrigue est prenante et bien plus stimulante que l’origin story de Diana. Les méchants ont plus de profondeur et les enjeux sont bien plus passionnants. Mais là encore, j’ai remarqué que ce n’est pas le personnage principal qui mène le récit. Wonder Woman intervient mais tout se passe du point de vue des autres protagonistes. Néanmoins, j’ai dévoré les pages pour découvrir ce qu’il adviendrait de la petite Céleste et de sa maman. Mais malheureusement, ce tome ne propose pas la conclusion de cet arc ce qui est terriblement dommage et frustrant. A quoi bon nous donner deux autres extraits sans terminer celui-ci ? Un bon récit mais malheureusement morcelé et incomplet.

Pour les deux dernières propositions, nous découvrons la rencontre entre l’amazone et les deux grands héros : Batou et Superman. Les dessins sont superbes mais cela ne va pas plus loin.

Et enfin, Wonder Woman doit dans le dernier acte se débarrasser à elle seule de tous les vilains de Gotham. Pour le coup, j’ai beaucoup plus de réserves sur les graphismes…

Un comics intéressant si vous voulez découvrir le personnage mais qui ne propose malheureusement pas de récit assez abouti pour nous emballer et nous donner envie de creuser plus loin.
L'avis du Wonder Sheep :
2/5

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